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Ferrari "Berlinette Boxer" (1973-1984)


C’est en 1968 que Leonardo Fioravanti développe pour PininFarina le concept-car P6, que beaucoup considère comme la première ébauche de celle que l'on surnommera bientôt Belinette Boxer. C’est aussi la première vision stylistique d’une nouvelle époque chez Ferrari, avec le positionnement arrière des moteurs.
C’est donc au salon de l’automobile de Turin en 1971 qu'est dévoilée, sur le stand PininFarina, la future remplaçante de la fabuleuse 365 GTB/4 « Daytona ». Toujours destinée à contrer l’innovante Lamborghini Miura, la 365 GT4 BB « Berlinette Boxer » s'inscrit dans le sillon inauguré par la Dino 206 GT, qui fut la première GT à moteur central produite par la firme de Maranello. Son autre grande nouveauté vient de son moteur douze cylindres à plat, directement dérivé des F1 de l'époque dont le concept était destiné à l’origine pour être intégré à des ailes d’avions. Sa faible hauteur permet d'abaisser le centre de gravité de la voiture et donne ainsi son allure très sportive à la 365 GT4 BB, accentuée par une largeur 1,80 m.
Ce moteur d'une cylindrée de 4,4 litres développe 385 chevaux à 7700 tours par minute. Rappelons que le nom de cette nouvelle voiture n'est pas du tout aléatoire, comme toujours chez Ferrari, 365 désignant la cylindrée unitaire en cm3, 4 étant le nombre d'arbres à cames, et BB signifiant Berlinette à moteur Boxer, moteur à plat.
Un béquet est aussi disposé dans le prolongement de la ligne de toit afin de créer une zone dépressionnaire au-dessus du moteur, favorisant la ventilation du douze cylindres et l'alimentation en air des carburateurs. Commercialisée en 1973 au tarif de 330 000 francs, cette nouvelle Ferrari sera livrée en bichromie, la partie inférieure de la caisse, le spoiler de toit et le couvre-carburateurs étant peints systématiquement en noir et ce, quelque soit la couleur commandée.
Parallèlement, et avec l'accord de Maranello, le North American Racing Team (N.A.R.T.), l’équipe de course de l’ importateur officiel Ferrari aux Etats-unis, développe la 365 GT4 BB compétition, produite à 3 exemplaires, pour l'engager dans différentes courses comme les 12H de Sebring ou les 24H du Mans. Le moteur est porté pour l'occasion à 400 chevaux, mais reste très similaire à celui de série. C'est sur le plan esthétique que ce modèle se démarque avec un bouclier avant redessiné, des phares devenus fixes, des ailes avant et arrière élargies pour faire passer les énormes trains de pneus course et un béquet arrière pour augmenter son appui.
C'est au salon de Paris de 1976, après seulement 387 exemplaires livrés, que la 365 GT4 BB se mue en 512 BB du fait de l'augmentation de sa cylindrée à 5 litres. Sa puissance passe à 360 chevaux mais atteinte désormais dès 6800 tr/min, et son couple plus élevé la rendent plus performante et lui permettent d'atteindre les 290 km/h en vitesse de pointe.
Sur le plan esthétique, le dessin de l'arrière est simplifié par quatre feux ronds au lieu de six, et quatre échappements contre six également. Deux prises d'air de type NACA sont aussi implantées devant les roues arrière pour améliorer le refroidissement des freins et les arches de roues arrière sont plus galbées, ce qui donne un effet de puissance très réussi.
C'est aussi en 1976 que Ferrari développe 25 exemplaires de 512 BB LM. Construite pour les 24 Heures du Mans, principalement pour le N.A.R.T. qui finance même une partie du développement du moteur de 500 chevaux, le plus puissant alors produit par Ferrari. Cette voiture de course possède une carrosserie signée Pininfarina qui confère à l'automobile un aérodynamisme exceptionnel lui permettant d'atteindre les 325 km/h. Malheureusement les BB LM ne n'imposeront jamais sur le circuit de la Sarthe, se heurtant à la suprématie des Porsche de l'époque, et suite à la suppression de la classe IMSA en 1983, elles sont retirées de la compétition.
929 exemplaires de la 512 BB seront vendus mais les nouvelles normes anti-pollution aux États-Unis viennent perturber la donne, l'exportation de la 365 puis de la 512 étant systématiquement refusée car jugées trop polluantes. C'est donc pour profiter enfin du marché américain que Ferrari lui adjoint une injection mécanique K-Jetronic développée par Bosch en 1981. Dans la bataille contre la pollution, celle que l'on appelle maintenant 512 BBi, perd 20 chevaux, la rendant un peu moins efficace sur la route que sa devancière. Esthétiquement les antibrouillards avant sont désormais bien visibles et la partie inférieure de la voiture est peinte de la couleur de la caisse.

En 1984, après 1007 exemplaires construits, la 512 BBi cède sa place à la toute nouvelle Testarossa, qui reprend le fleuron du haut de la gamme Ferrari. Après 2323 exemplaires, toutes versions confondues, les BB possèdent encore un pouvoir de séduction intacte; la 512 BB restera, quant à elle, la toute dernière Ferrari à carburateur de l'histoire automobile.

Mes "Berlinette Boxer"

365 GT4 "Berlinette Boxer"
512 BB "Berlinette Boxer"
512 BBi "Berlinette Boxer"
512 BB LM
512 BB LM Team JMS Racing N°75


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